La voix de l’arbre
Bernard Werber, octobre 2025

Suite à un accident survenu lors d’une balade en forêt, Rose doit échapper aux gendarmes pour trouver le moyen de prouver son innocence.
Une rencontre inattendue et providentielle va lui en donner les moyens, en lui donnant la possibilité d’inventer un appareil permettant de communiquer avec les arbres de la forêt.
Une histoire où l’on découvre que ceux qu’on croit honnêtes ne le sont pas toujours.
C’est la dure réalité de la vie, mais racontée d’une façon qui nous fait prendre conscience que cela peut nous arriver au quotidien, et que nous serions parfois surpris de connaître la pensée profonde de nos concitoyens.
La morale est que même lorsqu’on croit avoir perdu, il reste des soutiens inattendus, qu’il faut parfois provoquer.
Si l’auteur mêle la sylvothérapie (qui est une pratique de soins non conventionnelle en vogue dans les pays occidentaux depuis les années 1980, devenue très à la mode ces dernières années), il sait les relier avec la science conventionnelle moderne.
Comme toujours, Bernard Werber nous donne des leçons de vie au travers d’une œuvre mêlant les genres de la science-fiction, du roman policier, et y ajoute même un brin de philosophie. C’est pour moi l’un des meilleurs ouvrages de Bernard Werber, qui pourrait appeler une suite.
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Les guerriers de l’hiver

Au dos du livre apparaît ceci :
« Imaginez un pays minuscule. Imaginez-en un autre, gigantesque. Imaginez maintenant qu’ils s’affrontent ».
Ce livre est un roman historique, tiré d’une histoire vraie. Il s’agit du Finlandais Simo Häyhä, « considéré comme le meilleur tireur d’élite de tous les temps » (wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Simo_Häyhä ).
Les faits relatés sont historiques et ont fait l’objet de recherches poussées. Le livre met en scène plusieurs personnages qui vivent la Guerre d’hiver. La Guerre d’hiver, peu connue en France, correspond à l’invasion de la Finlande par la Russie, le 30 novembre 1939.
La guerre est inégale : la Finlande a à peine 22 ans d’existence et se bat à un contre quatre contre la Russie, qui possède une armée plus nombreuse et mieux armée.
Pourtant elle résiste.
À travers les réflexions et des événements que vivent les personnages, le lecteur a la sensation de vivre la guerre comme s’il y participait. On suit donc l’évolution de Simo Häyhä depuis l’avant-guerre jusqu’à la signature du traité de paix.
La conclusion est sans appel et donne l’importance de ce héros méconnu :
« Sans le courage de Simo, sans le Sisu, cette âme de feu et de glace, personne ne peut imaginer ce que l’Europe ou le monde seraient aujourd’hui, ni les puissances au pouvoir. Personne, aujourd’hui, ne sait réellement ce que l’on doit aux soldats finlandais de la Guerre d’hiver ».
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Le cadeau empoisonné
Les cadeaux, c’est du travail que l’on nous impose
Globalement, il y a deux sortes de cadeaux : ceux qu’on aime et ceux qu’on n’aime pas.
Pour ceux qu’on aime, c’est facile, il n’y a pas de problème, on les accepte volontiers. Notons qu’on peut les diviser en deux catégories : ceux qui sont souhaités (dont on a émis le souhait de les avoir avec une phrase du type « tiens, j’aimerais bien avoir ça pour mon anniversaire ! » ou alors carrément ceux qu’on a commandés ou achetés exprès pour l’occasion. Pas d’effet réel de surprise ici.
Une autre catégorie de cadeaux qui fait plaisir est la surprise totale, et qui nous correspond : la personne qui offre nous connaît suffisamment bien pour faire mouche et offrir quelque chose qui fait plaisir mais à laquelle on ne s’attend pas : c’est le cadeau parfait. On va alors l’accepter sans aucune difficulté, s’en servir, le montrer…
Toutefois, il y a des cadeaux auxquels on ne s’attend pas, et qui parfois nous donnent du fil à retordre.
Si ces cadeaux ne nous correspondent pas, ne nous vont pas bien, ne s’accommodent ni avec notre caractère ni avec notre manière de vivre, on a aujourd’hui la possibilité de les revendre, chose impensable il y encore vingt ou trente ans. Cela ne se faisait pas, n’était pas dans les mœurs, mais c’est possible de nos jours et cela est presque salvateur.
Par contre, si ces cadeaux nous correspondent un tant soit peu… toute la difficulté est là. Il va falloir les garder et s’en accommoder, alors que ce n’était pas vraiment prévu.
Comment dire à son proche (parent, ami) que ce cadeau nous encombre alors qu’on pourrait très bien l’avoir demandé un an ou deux auparavant ? Oui mais :
– entre-temps je m’en suis acheté un
– je n’ai pas la place pour ça
– je n’en ai plus l’utilité
– c’est bien mais l’entretien est cher
– Ce n’est pas le moment
Etc, etc.
C’est ce qu’on appelle un cadeau empoisonné.
Imaginez, pour grossir le trait, qu’on vous offre une Ferrari, mais que vous n’ayez pas le budget pour faire un plein d’essence par semaine : vous êtes contents de posséder une belle voiture, de pouvoir conduire avec une certaine sensation de vitesse, de pouvoir épater tout le monde etc. mais en contrepartie vous devez faire le plein plus souvent et payer une assurance qui va vous coûter beaucoup plus cher que ce que vous avez aujourd’hui, et… ça n’était pas prévu !
Aussi, recevoir un cadeau, et l’accepter, revêt une part très personnelle : en effet, puisqu’il DOIT nous convenir. Ce n’est pas un acte simple que d’accepter ce que l’autre désire pour nous, même si on n’y avait pas pensé, ou qu’on ne voyait pas les choses comme ça. Ça pourrait ressembler à certaines épreuves de la vie, également.
On va là vers des notions d’individualisme voire d’égoïsme, que ce soit pour l’un ou l’autre : le receveur se doit d’accepter ce que le donneur pense être bien pour lui. En ce sens le receveur est passif. Le donateur se pose-t-il en dominateur pour autant ?
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Le mouvement individualiste : la preuve par le tri sélectif
Quand j’étais enfant, le tri sélectif n’existait pas. Nous mettions nos ordures à la poubelle, les éboueurs prenaient les poubelles et les vidaient dans leur camion, et amenaient les ordures dans une décharge.
Puis on nous a demandé de trier certaines choses. Depuis très longtemps déjà, des associations récupéraient le papier et les vêtements. L’une des plus connues est « Emmaüs », fondée par l’Abbé Pierre, active depuis les années 1950.
On a vu de gros conteneurs verts en ville, afin de recycler les bouteilles. Cela faisait suite à la fin du système de consigne dans les années 1980.
Dans les années 1980, on a pris conscience de la pollution induite par les activités humaines et la découverte du trou dans la couche d’ozone. À partir de là, on a interdit les CFC (chlorofluorocarbures) et remplacé les gaz propulseurs (déodorants, insecticides…) puis celui des climatisations et des systèmes frigorifiques (fréon remplacé par un autre gaz).
Enfin il a fallu commencer à trier soi-même : depuis les années 1990 et jusqu’à 2010, les grandes villes, puis les villes de taille moyenne et enfin les villages se sont équipés de poubelles de différentes couleurs, selon les déchets qu’elles sont censées contenir.
À tel point qu’aujourd’hui on a des contrôles qui sont faits : si on ne remplit pas la poubelle jaune, on va trouver ça suspect et on devient passible d’une contravention !
Abrégeons, en citant pêle-mêle le compostage, le tri des aliments (Paris XV°), et le fait que les règles de tri changent, que les couleurs des poubelles sont différentes d’une commune à l’autre, et autres billevesées. L’expression « tri sélectif » elle-même est subversive et pléonastique.
Tout cela pour dire que le tri sélectif, puisqu’il est convenu d’appeler ainsi ce comportement, nous oblige à prendre du temps pour le faire (et donc perdre du temps pour nos propres activités), et nous fait polluer l’air (puisque l’on doit amener nos déchets à la déchetterie). Rien que ça !
Surtout, cela participe d’un mouvement bien plus vaste, puisqu’à travers cet exemple, on constate que, de plus en plus, l’État se désengage et s’en remet aux bonnes consciences du peuple. Si cela continue, on va revenir au Moyen-Âge ou du moins à un système autarcique : petit à petit on nous demande de tout faire nous-même. Si cela continue, on va nous demander de produire nous-mêmes nos légumes, sous couvert d’écologie !
J’en veux pour preuve que, dans le même temps où le tri sélectif s’est mis en place, plusieurs métiers ont disparu, alors que l’individu remplace, par la force des choses, le travailleur. C’est le règne du « Do it yourself », dans lequel tout le monde fait tout.
Par exemple, les guichets des péages autoroutiers ont été automatisés, et aujourd’hui, c’est nous qui tendons notre carte de paiement vers la machine. Idem pour les pompes à essence, où le pompiste a disparu, et où le conducteur va lui-même faire son plein. Idem dans les supermarchés, dans lesquels les caisses automatiques rencontrent de plus en plus de succès et par lesquelles la majorité des consommateurs sont attirés. Car il y a un avantage à cela, il faut bien le reconnaître : ça va aussi vite, voire plus vite qu’avec un être humain.
Au-delà du problème des pertes d’emploi et du chômage (qu’on dissimule en arguant que ces machines devront être produites, maintenues et remplacées), il y a, en allant plus loin, le problème de l’individualisation.
Moins de contact entre individus, autarcie grandissante, voire autonomie. Même la production d’électricité, jusqu’ici apanage étatique, participe de ce mouvement lorsqu’on propose des panneaux photovoltaïques pour produire soi-même sa propre électricité.
Finalement, à l’heure des réseaux sociaux, des applis de rencontre, des élans de solidarité et de la communication grandissante, on va vers en réalité vers une individualisation grandissante.
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Repérage des individus
Par la force des choses, une famille contient très souvent plusieurs personnes similaires, que ce soit par leurs noms et prénoms, mais aussi par leurs dates de naissance, voire les métiers exercés et les lieux de vie. Un exemple bien connu est celui d’Alexandre Dumas, père et fils, qui furent tous deux écrivains !
Comment alors distinguer efficacement et sans erreur les personnes qui composent une généalogie ? Dès le XVII° Siècle, le problème s’est posé, et un système de numérotation qui porte aujourd’hui le nom de Sosa-Stradonitz, du nom de ceux qui l’ont mis au point, est aujourd’hui mondialement connu et utilisé par tous les généalogistes.
Le principe de cette numérotation est d’attribuer le numéro 1 à l’individu racine (le sujet sur lequel on établit l’ascendance, appelé « de cujus » ou « probant ») puis le numéro deux à son père et trois à sa mère. Chaque homme a un numéro double de celui de son enfant et donc pair, et chaque femme un numéro double de celui de son enfant plus un, soit un numéro impair.
Par exemple si un individu porte le numéro 15, on sait que c’est une femme, que son père sera identifié par le numéro 30 (15 × 2), sa mère par le 31 (15 × 2 + 1), et qu’elle-même est la mère de 7 ((15 − 1) / 2). En appliquant le même principe, 7 est la mère de 3 qui est la mère de 1 (l’individu racine).
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Principes généraux de généalogie
Faire sa généalogie, ce n’est pas seulement trouver le nom de ses ancêtres. C’est aussi remonter le temps, et découvrir une multitude de choses sur sa famille. C’est reconstituer l’histoire familiale, au travers des métiers, des lieux d’habitation, et la resituer dans son contexte (politique, social, économique…)
Sur le plan culturel, la généalogie permet de se replonger dans l’Histoire de France ou d’ailleurs, redonner vie à des personnes que l’Histoire n’a pas retenues, de mettre à l’honneur des hommes qui sont morts pour la Nation, de découvrir des modes de vie très différents des nôtres, d’apprendre à connaître les régions de France, et pourquoi pas, de mieux comprendre les peuples, beaucoup de gens ayant une ascendance étrangère.
Sur le plan humain, elle invite à partager ses découvertes, à créer ou entretenir le lien social en partageant avec d’autres familles des histoires communes, à avoir une activité à partager en famille : recherches entre époux, enfants-parents ou petits enfants-grands-parents, de rencontrer des cousins aux Archives ou via Internet…
C’est surtout savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va.
Enfin sur le plan familial, elle favorise le partage de ses recherches avec les différentes générations de sa famille, peut apaiser des discordes, parfois séculaires, en retenant la vérité historique des faits, incite à renouer des liens avec les anciens, de mieux connaître d’éventuelles pathologies familiales, ou à tordre le cou à certaines légendes familiales…
Mais aussi, elle amène à retrouver un ancien prénom de famille pour la prochaine génération, ou à offrir un cadeau unique, pour Noël ou un anniversaire.
C’est pourquoi dans l’idéal, la fameuse représentation en arbre généalogique ne devrait être que l’aboutissement d’une telle recherche : un simple nom sur cet arbre doit évoquer la vie de l’être qui l’a porté.
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Le feu rouge
Un jour, mon frère m’a
dit : « au feu rouge, on obéit à une ampoule ».
Aussi
absurde que cela puisse paraître, il avait raison. On pourra dire que si
l’ampoule s’allume, c’est parce qu’elle a été programmée pour ça, que derrière
le fonctionnement du feu se cache un ordinateur ou à tout le moins un programmateur,
qui ne fait, finalement, que refléter une volonté humaine. Plus prosaïquement,
on pourra dire que le maire de la ville a fait installer ce feu pour réguler la
circulation, et que ce maire a été élu. Que c’est donc la volonté des habitants
et non celle d’un seul homme, que de voir ce feu planté là.
Chacun,
faisant preuve de bon sens, conviendra que ce feu est bien utile pour éviter
des accidents lorsqu’il y a beaucoup de circulation.
Ainsi,
l’être humain s’auto-régule de manière collective en abandonnant volontairement
une part de son pouvoir de décision à la collectivité. C’est donc finalement la
collectivité qui contrôle l’individu. C’est exactement ce qui se passe lors des
élections : on délègue un part de notre souveraineté individuelle vers une
autorité (le maire, le parlement, le président de la République, ou tout
simplement le bureau d’une association).
Mais les masses ont tort et les individus ont
raison.
En effet, quid du libre arbitre s’il n’y a
personne ? Si aucune voiture ne se présente alors que le feu piéton est
rouge ? Que se passe-t-il ? Deux solutions sont observées : soit
la personne est, pour ainsi dire « obéissante », disons civilisée, ou
respectueuse du droit, et ne traverse pas. Soit la personne n’est rien de tout
cela et traverse malgré l’interdiction.
Pourtant, cette réflexion est trop simple. On
peut très bien être civilisé, connaître les règles et les respecter la plupart
du temps, et décider tout-à-coup de ne plus les respecter pour une bonne
raison. Plus exactement, une raison que l’individu va juger bonne.
Pourquoi ? Dans notre exemple, la raison est simple : pas de voitures
à l’horizon, donc, pas de danger. En conséquence on peut traverser sans risque,
puisque le feu n’a plus sa raison d’être. Ainsi dans certaines circonstances,
notre libre arbitre peut nous pousser à déroger (ce qui est différent de
désobéir) à la règle communément admise.
Ceci est à mes yeux très important car cela
justifie énormément d’actes : on n’a pas le droit de tirer sur quelqu’un
mais si on est en danger on le peut (principe de la légitime défense). On ne
peut pas se baigner dans tel lac ou rivière, mais si quelqu’un se noie, on se
doit d’aller le sauver. Etc. Les exemples seraient nombreux ! En poussant
le raisonnement, on atteint les notions de justice privée et de justice
publique, de libre arbitre, d’exception à la loi etc.
Ceci pose finalement la question de savoir dans
quelle mesure on a le droit de déroger aux règles établies.
Aussi je pose la question : on traverse ou
pas ?
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Les robots
Isaac Asimov, 1950

Ce livre est très connu et a été maintes fois repris au cinéma, notamment avec Will Smith en 2004. C’est un recueil de neuf nouvelles qui mettent en scène des humains et des robots en interaction.
Dès le départ sont posées les trois lois de la robotique, qui sont toujours d’actualité bien que les premières nouvelles datent des années 1940 :
- Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger ;
- Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la première loi ;
- Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.
L’auteur réfléchit sur l’augmentation du nombre de robots (et en parallèle, de l’intelligence artificielle) dans notre société. À partir des trois lois de la robotique, les nouvelles décrivent de manière de plus en plus fine le comportement des robots face aux humains, dans des situations de plus en plus complexes. Par exemple, le robot doit obéir à un dilemme et faire un choix. L’humain aurait-il fait le même choix et pourquoi ?
Si le choix fait par le robot dans la première nouvelle est facile à comprendre, voire à deviner, la difficulté de compréhension augmente au fur et à mesure de la lecture.
Au plus nous avançons dans la lecture du livre, au plus on s’aperçoit que l’Homme doit réfléchir de manière de plus en plus intense pour comprendre pourquoi le robot réagit de telle ou telle manière. Même pour le lecteur ce n’est pas évident, bien qu’il n’y ait que trois lois fondamentales.
Finalement, on s’aperçoit que les robots sont comportementalement assez proches des humains qui les ont conçus, et qu’ils peuvent s’identifier à nous et même sombrer dans la folie.

